Un livre audacieux et percutant. Magali Collet nous force à une réflexion sur nous-mêmes sur les réactions possibles face à l’agression.

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Les yeux d’Iris

Je ne vais pas vous mentir, ça fait quelques mois que ce livre de Magali Collet est dans ma PAL dont je ne vois plus le bout 😀

Suite à une réaction des plus virulente sur les réseaux sociaux, j’ai décidé qu’il en gagnerait le haut, afin de comprendre. Je n’ai toujours pas compris les propos de la lectrice dans son retour, mais… bah je ne regrette pas la remontée de l’ouvrage. Je vous en dis plus ? Allez, c’est parti !

Vous voilà tout d’abord le résumé :
Un meurtre et un suicide.
Trois hommes. Trois femmes.
Des retrouvailles.
Un pacte.
Tout se paye, même l’amitié.

Ça ne vous dit pas grand chose, hein ? Alors suivez-moi 😉

L’intrigue de Magali Collet !

Elle est dure, très dure. Attention cependant, elle est surtout réaliste. En effet, on parle ici de trois hommes et trois femmes, ce que je compléterais en ajoutant deux couples 😉

Non, ce n’est pas pour rajouter des personnages, c’est que deux couples composent ces six individus. Nous avons des personnages qui se connaissent depuis longtemps, et qui se sont soutenus lors des pires épreuves : des agressions, la mort d’un proche… Bref, toute sorte d’épreuves qu’on ne souhaite à personne, mais qui arrivent.

De fait, ces personnes qui ont plus ou moins rompu le contact se retrouvent après plusieurs années, sur une invitation que l’on pourrait prendre pour un « coup de tête ». Ainsi, le coup de tête n’est autre que la volonté de franchir un cap : voir la fin d’un pacte, scellé par le passé. Nous avançons donc petit à petit aux côtés d’Audrey, de Julie, de Morgane et de Fred; quatre amis particuliers. Les deux premières se sont donc mariées à deux hommes avec qui vous allez devoir faire connaissance, et les deux autres sont frère et sœur. Ces deux derniers étaient dans une fratrie de trois, dont Iris, la fameuse ! Je ne vous spoile pas grand chose en vous disant que le suicide mentionné, c’est d’elle qu’il s’agit.

Mais alors, ces personnages, ils donnent quoi ?

Pour ma part, je les ai trouvés vrais, détonants, tous différents et pourtant si semblables. Une rancœur commune, un besoin d’explication, un besoin de vengeance qui guide la vie de certains… Les non-dits et les amalgames sont de mises, un peu comme dans la vraie vie finalement, non ? Là où l’une a choisi la fuite en avant, d’autres se sont enfermés dans un tourbillon de colère qui les dépasse. Certains taisent le chagrin et les remords là où les autres cherchent tous les moyens de les exulter.

Une panoplie de personnages qui raisonnent, quelle que soit leur identité. Bien évidemment, il y a des choix qui sont faits et qui seraient pas forcément les nôtres, mais ils restent crédibles, même mieux, compréhensibles !

En gros, c’est déroutant, de se retrouver avec la certitude qu’une autre manière de faire est possible, mais que finalement, c’est peut-être bien les options qu’on aurait choisies. Magali Collet nous met face à plusieurs destins qui, à la fin, nous ramènent à un seul, puisque tous vivent avec le même fardeau. Ce qui les différencie ? La façon de l’appréhender, de l’apprivoiser.

La plume de Magali Collet ?

Je dois avouer que si son premier roman, La cave aux poupées, m’avait un peu laissée coite, avec une intrigue que je trouvais « redondante » de par les événements qu’elle soulignait et très accès dans la surenchère, j’ai trouvé dans Les yeux d’Iris un réel attachement.

Dans un premier temps, parce que la plume est fluide, travaillée, et amène bien l’ambiance. Il faut dire que le jonglage entre des descriptions froides de certaines scènes et la narration descriptive des personnages, on voit que l’autrice a extrêmement travaillé sa toile de fond. Surtout que celle-ci repose sur un thème très dur à aborder, il faut être fin pour ne pas dénaturer les événements, et Magali Collet s’en sort avec brio.

Pas de fioritures dans les scènes dramatiques, pas de volonté d’en faire trop, pas de « tromperies » pour amuser la galerie en en rajoutant des caisses. Non, ici, dans l’action, je trouve que la sobriété est reine et que, pour beaucoup, le jeu se fait sur le ressenti, des personnages d’abord, puis des lecteurs. En effet, ma sensibilité a été touchée sur une description en particulier là où certains donnent la gerbe de par des descriptions trop physiques, trop « palpables ». Le psychologique mis en avant est intéressant et rend les faits plus puissants. Même s’ils sont là pour nous montrer à quel point la noirceur de l’homme peut aller loin. Totalement subjectivement, j’ai trouvé ici de la suggestion à de nombreuses reprises, et c’en était troublant, vraiment.

Peut-être que c’est mon habitude de lire ce style d’ouvrages, mais j’ai trouvé que les choses étaient dites sans être montrées (enfin un peu quand même, parce qu’il faut ce qu’il faut). À l’écrit de plus, ce n’est pas ce qu’il y a de plus simple. Bref, chapeau l’artiste !

Ce que je retiendrai…

Que les médisances sont parfois bonnes conseillères, et que j’ai, par curiosité, bouquiné mon premier coup de cœur de l’année !

En gros résumé, une plume fluide et percutante. Des chapitres courts qui laissent une envie folle de continuer de lire, même si l’heure du dodo est passée depuis belle lurette 😀 , des personnages qui raisonnent. L’intrigue quant à elle résonne, somme toute avec une sorte pudeur, marquée par la musique, et qui est très appréciable ! De quoi vous donner à réfléchir pour un temps 🙂

Bref, un vrai bon moment de lecture… Un feuilletage d’une nuit qui va laisser sa trace de façon indélébile. En gros, vous l’aurez compris, je vous le conseille ! 😀

Si l’envie vous prend de le feuilleter, pour voir, c’est par là !

Et bonnes lectures !

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