Un véritable poème, une invitation au voyage et à l’imaginaire… Alexis Arend propose ici une épopée sympathique

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La mort et l’enfant

Alexis Arend fait partie de ces auteurs qui, en une fraction de secondes, sont capables de vous percuter par une tranche de vie, un ressenti, une situation. Aujourd’hui, c’est avec humour, amour et sensibilité qu’il fait entrer en scène un protagoniste pas comme les autres : la Mort !

Le résumé du dernier Alexis Arend, parce que c’est vous 🙂

Atteint d’une maladie cardiaque dégénérescente, Daniel Sullivan n’a plus que quelques heures à vivre. Dans sa chambre d’hôpital à Hartford, il rencontre celle venue le chercher. L’enfant refuse cependant de la suivre sans avoir rien connu de ce monde…

« À moins que se produise ce miracle tant espéré par le révérend Terence, mon cœur, demain matin à l’aube, va s’arrêter. Je suis en train de mourir lentement, et personne n’ose me le dire en face.
Depuis quelque temps, il y a quelqu’un près de moi. Comme une ombre qui étend ses longues mains sur mes épaules… Je la vois de plus en plus souvent. Elle est là, silencieuse, immobile, patiente, comme si c’était la chose la plus naturelle du monde, comme si sa place était auprès de moi. C’est drôle, avant, ça m’inquiétait un peu, aujourd’hui ça me rassure de la savoir là.
J’ai quand même très peur de ce qui va m’arriver…
Je m’appelle Danny Sullivan. Je suis le fils d’Ed et Stacy Sullivan. Je viens tout juste d’avoir 10 ans, et je vais bientôt mourir… »

Aux frontières du drame humain, du récit onirique et du conte, découvrez la fantastique odyssée d’un enfant aux côtés du plus incroyable des guides, la Mort en personne…

L’intrigue

Je ne pense pas avoir à vous l’expliquer… Il s’agit donc de la Mort, personnifiée et humanisée, qui vient rendre visite à notre jeune héros : Danny. Il faut dire que, malgré un début qui commence bien lentement à mon goût, l’histoire est très vite prenante. Tout comme Danny, on veut savoir ce qu’il se passe de l’autre côté, comment les choses fonctionnent et s’il est possible d’y échapper. Alexis Arend nous plonge dans un univers quelque peu enfantin, mais somme toute très adulte. Même grande, j’ai tout autant de questions auxquelles je ne saurais répondre.

Alexis Arend donne à travers ces pages une ouverture, une possibilité. Quelles que soient vos croyances, l’idée d’un « pourquoi pas » pointe le bout de son nez. Je me suis laissé prendre par cette originalité, cet effet papillon qui ne vous lâche plus jusqu’à la dernière page !

L’écriture d’Alexis ?

J’ai envie de dire « comme d’hab » ! Alexis Arend a cette facilité à nous faire pénétrer son univers, de gré ou de force. Ses lignes sont fluides, ses chapitres courts, ses mots bien pesés et les émotions toujours présentes au RDV. Une façon de décrire et d’amener les choses, toujours en ballottage entre le possible du réel et la complexité de l’imaginaire. En gros, l’univers qu’il propose a bien souvent un goût d’onirisme, et les mots qu’il couche sur le papier pour nous le transmettre sont toujours choisis (du moins le paraissent) avec soin et minutie.

Ni trop soutenu, ni trop familier, le vocabulaire utilisé est bien souvent en mouvance, adapté au personnage qui s’exprime. Le langage rend les personnages bien vivants et leurs interventions dans le roman semblent toujours tomber à point. Pas un mot qui sort des clous par rapport à ce que l’on attend en fonction de l’époque, de la tranche sociale…

Alexis Arend a donc cette plume fluide et imagée qui me fait passer, à chaque fois, un très bon moment de lecture !

Et les personnages ?

Il y en a plusieurs, je vous laisse deviner, et chacun a sa place. En revanche, on va plutôt « grandir » aux côtés de la Mort et de Danny. Mettre en avant un gamin de dix ans qui nous annonce dans les premières pages qu’il va mourir, c’est ambitieux, triste mais ambitieux. Il est important de savoir que, malgré cette ambiance qui se voudrait glauque, morbide, voire détestable de cet enfant qui sait qu’il ne lui reste que quelques heures, le roman est beau et emprunt de chaleur et de bonheur.

Ça vous paraît fou ? Tentez, pour voir !

On a donc un gamin de dix ans, qui sait ce qui l’attend, et qui pourtant défie le destin. Par rapport à son passif, à sa famille, à ses amis… Tout autant de chances de progresser sur le chemin d’un gosse qui en veut. Il est borné, c’est vrai, courageux aussi, mais surtout innocent, comme beaucoup de personnes à cet âge. C’est tantôt avec le sourire, tantôt avec un soupçon de peine qu’on va s’attarder sur Danny.

Quant à la Mort, Alexis Arend la dépeint de façon originale. Cette personnification est est rondement menée et nous donne presque envie d’être son amie… Il faut dire que lui donner un questionnement, une « âme », c’est prendre le risque de l’humaniser… à mort ! 😀
Vous l’aurez compris, nous avons là un personnage hors-normes, décrit avec passion, parfois bon, parfois mauvais, mais toujours très intrigant !

S’il y a un point noir…

C’est le démarrage. Pour ma part, j’ai mis un peu de temps à rentrer dans l’histoire. Alors, pour ceux de ma trempe, sans vous spoiler, je vais vous dire ce qui m’a dérangée : j’ai tout simplement cru que l’auteur allait nous parler pendant plusieurs centaines de pages d’un gamin qui nous tient un monologue depuis son lit d’hôpital… Voyez le truc ? Si c’est votre crainte, soyez rassuré : ce n’est pas le cas ! 🙂

De fait, pourquoi lire Alexis Arend ?

Parce que c’est la sortie de son neuvième roman (oui oui !) Et voyez, ce gars-là, il fait partie de ceux qui peuvent vous parler de tout et n’importe quoi : quand vous tombez sur ses dires, « vous vous taisez et vous écoutez » 😉

On sent à travers ses mots et ses histoires ceux d’un passionné, d’un auteur à l’imagination débordante qui pourrait vous écrire des lignes entières sur la pub qu’il a vu passer à la TV. Parce qu’il y en a comme ça, qui font d’un petit bout de chemin, d’une situation de quelques heures, d’un moment court et parfois simple, une véritable aventure.

Du coup, quels que soient vos goûts littéraires, Alexis aura dans son baluchon une histoire qui pourrait vous rendre heureux, le temps d’une lecture. Plutôt drame social ? Tentez Perdition. À la limite entre drame et surnaturel ? Lisez donc Josh. Fantastique ? Allez faire un tour du côté de Intrusions ou encore Salamanca. Tranche de vie ? Je crois qu’on n’est pas mal là ! Je ne vais pas tous vous les faire, mais quand même… 🙂

Bref, je vous laisse feuilleter quelques pages pour vous faire un avis…

Bonnes lectures ! 🙂

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