Bref, vous l’aurez compris, j’ai bien apprécié ce premier tome de la trilogie de Cyrille Audebert, un auteur à l’humour incisif.

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L’évangile selon Jacques Lucas

Pour un retour en fanfare sur ma lecture estivale, j’ai choisi pour vous un livre fort appréciable : L’évangile selon Jacques Lucas, de Cyrille Audebert.
Je vous mets là la der’ de couv’ : « Jusqu’à ce jour, j’avais une idée assez précise de ce que pouvait être le bonheur : un appart dans un quartier chic, des toiles vendues à prix d’or avant même d’avoir été peintes, et Mélodie… Mélodie, le modèle que je rêvais depuis toujours de serrer dans mes bras, et qui venait de me rouler la pelle de ma vie…
Ouais, c’était sûrement ça, le bonheur.
Y avait bien cette « Ombre » au tableau, celle qui avait entrepris de nettoyer la ville de ses clochards d’origine maghrébine, mais c’était tellement loin d’ici, dans les rues sombres…
Et puis, ce matin-là, en rentrant, j’ai trouvé cet attroupement devant mon immeuble, et tous ces flics chez moi, à l’étage… C’est là que le cauchemar a commencé, et que les souvenirs de ma vie d’avant ont refait surface.
Et si l’assassin, c’était tout simplement moi, David Huxley… »

Ça ne vous parle pas beaucoup ? Attendez un peu la suite… 🙂

Alors en gros, l’histoire, c’est quoi ?

C’est celle de David Huxley, un peintre dont la famille a un passif douteux, dont le mot d’ordre est l’argent (souvent accompagné de magouilles). Le jour où des meurtres semblent se perpétuer, un commissaire à l’ego démesuré, ayant une dent contre la famille de David, met tout en œuvre pour faire porter le chapeau à ce dernier. Mais qu’en est-il au final ? David est-il coupable ou victime d’une machination bien huilée ? Pour faire le point avec le lecteur, l’auteur met en scène un personnage, détective privé, Jacques Lucas. Ce dernier apparaît dans le livre comme un voyeur, faisant un tour d’horizon des principaux personnages présentés. Au milieu d’eux, Margot. Margot, c’est une policière, amie et voisine de David qui ferait n’importe quoi pour découvrir la vérité. Cette affaire va tout chambouler, de leur petit équilibre quotidien avec l’apparition de Mélodie, petite amie et modèle de David, à leurs relations au sens plus général, où tout le monde va douter de l’implication de l’autre.

Les personnages

Ils sont attachants, autant qu’ils sont hauts en couleur. L’originalité de ces derniers nous pousse dans les extrêmes : on passe rapidement de la tension d’une enquête à la franche rigolade d’un théâtre de boulevard. Le tout extrêmement bien dosé, un véritable petit bijou.
Les caractères sont bien trempés, les personnages campés, les réactions étudiées de telle sorte qu’aucune ne détonne, et c’est agréable. Pourtant, au vu de la complexité de leurs interactions, ce n’était pas joué d’avance, chapeau l’artiste de réussir à faire vivre tout ce petit monde de façon crédible et intéressante.

Si au début, tout semble un peu brouillon, la toile d’araignée se tisse petit à petit et les fils s’entremêlent de façon rigoureuse. L’intrigue se tient bien, et la plume nous maintient toujours sur le fil. Ballottés, comme dit précédemment, entre tension et dérision, on ne cesse cependant d’avancer au rythme de l’incompréhension de David. Ce protagoniste au destin peu commun nous entraîne avec lui. On le suit, attachant comme il est, et on regarde les scènes se dérouler, spectateur avant tout. D’ailleurs, c’est l’intelligence de cette histoire. Cyrille Audebert reste en retrait des personnages et nous raconte un scénario, comme il nous parlerait d’un film qu’il a vu : peu d’interprétations. Avec le recul nécessaire, il nous fait vivre les scènes mais ne les interprète pas pour nous, les personnages s’en chargent ! 🙂

L’écriture de Cyrille Audebert

La plume, du coup, est intéressante. Elle se maintient entre deux eaux. Tantôt un langage plutôt soutenu, tantôt cru, avec des descriptions qui pourraient presque paraître « inopportunes ». Bercés d’humour, très souvent, et de tristesse parfois, les mots de l’auteur sont toujours percutants et bien placés. J’ai pris beaucoup de plaisir à redécouvrir cette écriture fraîche et dynamique, découverte lors de ma lecture de Un temps de chien.

Enfin, la construction : des chapitres courts, un récit qui n’en est que plus rythmé. Fluide et très agréable à la lecture, ce livre plutôt court de même a de quoi plaire !

En bref !

Vous l’aurez compris, j’ai bien apprécié ce premier tome de la trilogie de Cyrille Audebert. Un auteur à l’humour incisif qui nous en fait profiter largement via les traits de caractère de ses personnages. Un bouquin très sympathique, une lecture rapide et distrayante… Bref, un vrai bon moment de lecture pour les beaux jours qui daignent enfin montrer le bout de leur nez.

Si vous souhaitez découvrir ce dernier via un feuilletage, c’est par là :

Bonnes lectures à tous ! Et à bientôt, pour de nouvelles aventures livresques 🙂

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