Un style un peu « vieillot » au milieu des polars actuels , mais il fait clairement son effet et j’ai pris plaisir à lire.

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Secrets en sourdine

Un petit résumé pour nous mettre dans le bain du récit de Muriel Mourgue :
New-York. Automne 1960. Le rêve américain semble plutôt bien se porter. Audrey Hepburn tourne un film devant la vitrine du célèbre Tiffany et Kennedy est en route pour la gloire. Curtis Ceder, un brillant publicitaire à qui tout sourit, disparaît soudainement. Son épouse, Barbara, charge la détective privée Thelma Vermont de retrouver sa trace. Par où commencer ? Du côté de NYS, l’agence de publicité qui emploie Curtis Ceder ou bien au sein du comité de soutien au candidat Kennedy dont Curtis est devenu l’un des plus fervents admirateurs ? Curtis Ceder paraît plus lisse que la surface d’un lac un soir d’été sans le moindre souffle de vent, mais alors qui sont ces types qui se mettent à surveiller les moindres faits et gestes de Thelma ?

J’ai eu l’occasion il y a quelques jours de découvrir l’univers de Muriel Mourgue au travers d’une première lecture, Hier est un autre jour. Ici, au lieu d’être propulsés en 2027, on rembobine et on se plonge dans la trame de fond des années 60.

L’intrigue

Elle est sympathique. C’est sur un rythme défini et ancré par des chapitres courts que Muriel Mourgue nous dévoile une intrigue prenante. Loin des mares de sang, nous sommes embrigadés dans une affaire de détective privé pour résoudre une sombre affaire de disparition. C’est alors qu’apparaissent les faux semblants et les imprévus, une panoplie intéressante de petits retournements de situations.
Comme dans l’histoire précédente, j’ai trouvé ici une narration linéaire. Pas de flash-back à outrance, pas de coups tordus, juste une plume fluide qui nous emporte dans un univers simple mais très efficace.

Vous noterez que mes lectures se tournent souvent vers des intrigues noueuses, des thrillers avec des tensions montantes… Sachez que je prends autant de plaisir à lire ce genre de polars : neutre, sans fioritures et sans excès. Une histoire simple (mais dont la fin laisse quand même un goût de reviens-y) sublimée par une écriture qui glisse. Des phrases courtes, un vocabulaire relativement courant, une intrigue épurée et des descriptions qui se mêlent à l’action, sans qu’il n’y en ait trop ou pas assez.

L’ambiance

Quant à elle, elle est assez bien posée. L’enquêtrice fait son boulot dans les traits du quotidien. Nous avons effectivement cette femme qui mène l’enquête, mais qui a aussi une vie, sans que celle-ci ne déborde trop dans la narration. On apprend ses goûts musicaux, son amour pour le café et pour le jazz… Pas d’impact direct sur l’affaire, bien évidemment, mais on a une tranche de vie qui nous permet de connaître notre Thelma sans avoir une flopée de qualificatifs, inutiles en effet dans ce genre d’intrigue.

Du coup

Notre héroïne au demeurant sympathique reste professionnelle, et on s’y attache assez facilement, sans avoir besoin de connaître son passif… Elle est pro, mais elle est aussi femme, et c’est sans dissociation que le personnage nous est livré. Ferme au labeur, délicate et attentionnée en privé, fragile dans les deux, la complexité du caractère est mise en avant de façon subtile, et j’avais l’impression de regarder « une copine » avancer entre les lignes. Sans qu’on n’en sache tant que ça sur elle, on est quand même plongés dans son monde et l’identification se fait, ce qui m’a surprise, et agréablement 😉

L’enquête quant à elle est bien ficelée. On trouvera ici un scénario digne de faits divers. Une histoire originale sans être capillotractée, des faits accessibles à nous tous (même à ceux qui ne font pas partis du FBI 😉 ). Une intrigue sans accrocs qui nous balance dans cette intrigue bien menée.

Pour la fin, elle mérite elle aussi d’être soulignée. Sans tomber dans le triste, on échappe cependant au happy ending que l’on voit de temps en temps. On a ce petit twist qui vient s’ajouter au charme du style.

Ce qu’il faut en retenir

Un style un peu « vieillot » au milieu des polars actuels (sans sang, sans violence, ni triple homicide…). Mais il fait clairement son effet et j’ai pris plaisir à lire. Une plume fluide et agréable, un style efficace, une narration sans accrocs. Enfin, une intrigue bien pensée et un roman court sans fioritures.
Je recommande ce style rafraîchissant et tout aussi prenant 😉

Bonne lecture à tous ! 🙂

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