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Critiques thriller

Mauvais genre

Premier tome d’un diptyque, Mauvais genre arrive comme un thriller policier original, dans lequel deux enquêtes vont être menées en parallèle par Rebecca de Lost (que l’on connaît de livres antérieurs, mais que je n’ai pas eu l’occasion de feuilleter encore). Mêlant plusieurs thèmes, on a là un ouvrage intéressant qui se lit vite et bien.

Je vous laisse là un résumé 😉
Hugo Nicollini est un garçon différent des autres gamins de son âge. Un père brutal. Une maman protectrice. Un soir, il est témoin d’une dispute entre ses parents. Une de plus. Une de trop. Cette fois-ci, sa mère succombera sous la violence des coups.
Vingt-trois ans plus tard, l’équipe du commandant Rebecca de Lost enquête sur la mort d’une jeune femme, sauvagement poignardée dans son appartement. Pas d’effraction. Pas de vol. Pas de traces de défense. L’entourage de la victime est passé au crible, et l’histoire du petit Hugo va refaire surface bien malgré lui.

Nous avons donc une plume fluide, accessible, qui traîne par ses lignes une intrigue forte et un thème aujourd’hui encore trop tabou.
Plusieurs choses sont soulignées ici : l’esprit d’équipe au sein de la criminelle, les questionnements sur le temps qui passe, les tromperies conjugales dues aux changements divers de ceux qui les commettent et de la vie de couple en général… Bref, pas mal de choses qui encombrent le cerveau de personnes lambda au quotidien. Vous l’aurez donc compris, les personnages sont travaillés et l’identification à ces derniers est assez simple. Pour ma part, elle s’est faite au fil de ma lecture de façon inconsciente, comme si ces gens-là étaient à mes côtés, comme si je les connaissais…

L’intrigue quant à elle est bien menée : nous avons là une enquête qui peut paraître somme toute banale (pas dans le sens qu’elle arrive tous les jours, hein ? Plus dans celui où on en voit régulièrement dans les livres ou sur les écrans 😉 ). Nous avons sur le « devant de la scène » un tueur en série qui n’avait pas sévi depuis un moment alors qu’il reprend du service en se faisant remarquer aux souvenirs de l’équipe de Rebecca. Elle le connaît déjà (certainement là aussi évoqué dans les autres livres que je n’ai pas ouverts 😀 ), appréhende ce qu’il va se passer et piétine dans une affaire qu’ils croyaient pourtant classée. Rattrapée par le passé, l’équipe essaye de pallier les meurtres, y arrivera-t-elle ?

Nous avons aussi, comme le précise la quatrième de couverture, une intrigue sur un assassinat à l’arme blanche. Tout est en étau, le passé, le présent, et les nœuds sont difficile à démêler. Bien évidemment, l’équipe de Rebecca va être sur le coup, et devoir déjouer les différentes possibilités qui s’offrent à eux.

D’un autre côté, nous suivons l’histoire entre le commandant de Lost et Tom, un collègue marié qui est du coup « un peu trop proche » dans les conventions. Il faut dire ce qui est, l’histoire de la maîtresse qui se contente de ce rôle, voire qui l’entretien est assez surprenant (même s’il n’est plus si rare dans les récits 😉 ), mais en aucun cas la situation reste incomprise. Il faut dire qu’ils en ont des choses en commun ces deux-là. Leur idylle nous paraît alors presque normale. La tournure de leur relation se tord au fil des pages pour nous entraîner dans un désordre peu commun où chacun d’entre eux ressentira le danger, de près.

Le basculement d’une histoire à l’autre est assez intéressant et bien ficelé. Il faut dire que la temporalité est linéaire, ce qui facilite la transition. On soulignera de même que la narration est au présent, ce qui donne un rythme supplémentaire non négligeable au texte. La plume de l’auteur nous embarque dans les « sous-intrigues » avec beaucoup de facilité et arrive, en pesant chaque phrase, à les rendre tout aussi prenantes. Il n’y a pas une enquête qui sera plus ennuyeuse ou qui donnera envie de sauter quelques passages (comme cela arrive parfois).

S’il y a un point noir que je me dois de relever (et je galère avec ce dernier parce que je ne voudrais pas spoiler, mais il m’a tellement « perturbée »…): j’ai été embêtée par le revirement de situation sur le caractère d’un personnage en particulier (bien évidemment, je ne vous dirai pas lequel, même sous la torture 😀 ). J’ai trouvé ce revirement, cette « annonce » un peu facile, un peu « bâclée ». Mais bon, on parle de 5 lignes sur 246 pages, on ne va pas pinailler… Mais quand même. J’en suis malgré tout venue à me demander si c’était volontaire ou pas, si c’était pour une justification d’intrigue, pour faciliter un passage ou une explication. Ça m’a dérangée, mais je vais de ce pas ouvrir le tome 2 afin d’avoir la réponse (si je l’ai 😉 ).

Mis à part ce point noir, je n’ai rien à redire sur cet ouvrage où un travail de recherches est visible. Une plume travaillée (et brillante par sa simplicité et sa fluidité), une intrigue bien ficelée et des sujets percutants, c’est de loin ce que j’en retiendrai et recommande cet opus, sans oublier sa suite dont je viendrai vous parler sous quelques jours, promis 😉

Bonnes lectures à tous ! 😉

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