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Critiques historique

Une agate rouge sang

Je sors de ma zone de confort avec cet ouvrage, un roman qui nous emmène dans une des anecdotes de la seconde guerre, il est beau, bien écrit… Bref, vous voilà un résumé 😉
Dans un petit village, quelque part dans le sud-ouest de la France, Marie-Louise, une vieille dame presque centenaire, disparaît en léguant à celui qui s’occupe de son jardin, Mathieu Lambert, un appartement qu’elle possédait à Paris et qui est demeuré inoccupé depuis 1943.
Mathieu ne sait pas pourquoi il a hérité ce bien et va découvrir petit à petit les composantes du passé de sa bienfaitrice et, par voie de conséquence, de son propre passé.
Construit à partir d’une succession d’allers-retours dans le temps, à différentes dates clés du passé, Une agate rouge sang tient le lecteur en haleine du début à la fin en lui permettant de démêler progressivement le fil de l’intrigue, chaque chapitre apportant une pièce supplémentaire à la reconstitution du puzzle.

Particulier mais aussi très riche, ce récit nous conte l’histoire de Mathieu, qui connaît Marie-Louise depuis sa plus tendre enfance, et la considère comme un véritable membre de sa famille. Une vieille dame fort sympathique et aux abords avenants qui, selon lui, s’occupait parfois mieux de lui que sa propre mère.
Nous allons, par un stratagème de l’auteur, suivre Mathieu et sa famille sur plusieurs générations. d’abord lui, enfant, sa mère, son fils puis, de façon discrète, ses petits enfants.
Nous suivons donc sa vie, ses souvenirs, ses intentions et ses aspirations de près.

L’intrigue est très intéressante. M’ennuyant un peu au début, j’ai tout de suite en revanche accroché à l’écriture. Fluide, presque poétique, elle est pleine de bon sens et les mots tombent juste. Des phrases courtes dont les intentions ne trompent pas. Les descriptions sont présentes sans être écrasantes… Tout y est 😉
PUIS, les pages s’avalent, car on entre dans le jeu et l’univers de Mathieu qui, au premier chapitre, assiste aux funérailles de Marie-Louise. Non non, on ne perd pas de temps, on passe directement à l’important, à cette vieille dame de 97 ans qui est décédée et qui a légué à Mathieu un appartement sur Paris.
Que faisait-elle sur Paris alors que, depuis tout petit, il la connaît et a grandi dans un village du sud ouest ? Pourquoi ne lui a-t-elle jamais, tout au long de ces dernières années, parlé de sa vie à la capitale ? C’est donc au travers de ce legs que Mathieu va découvrir l’histoire de Marie-Louise. Un passé laissé trouble, celui duquel il va devoir retracer pas à pas la fresque pour retrouver les origines de cette dame.

À travers sa quête, Mathieu nous invite au voyage dans le temps. Voyage pendant lequel on ne se perd, malgré tout, pas une seule seconde. L’auteur prend bien soin de nous dater les événements auxquels on assiste au long du récit.
On découvrira, tout comme Mathieu que tout est lié. Qu’il y a des événements auxquels on ne peut échapper, des situations dramatiques qui nous construisent et que certains, dans leur vie, ont des choix difficiles à faire. Que tout le monde ne se vante pas de son histoire, que la masse populaire juge facilement les personnes qui l’entourent, pas forcément dans le vrai…

En bref, ce livre, c’est une étude, une démonstration prouvant que connaître son prochain ne se résume pas à le croiser tous les matins. Que chaque être est complexe. Frédérick nous le montre à travers ses personnages qui sont bien étudiés, fouillés et nous donnant, à chaque page, plusieurs facettes des protagonistes.

Alors voilà, une intrigue bien ficelée, des personnages attachants, une plume très agréable et précise, que demander de mieux ?
Un livre qui laisse un goût agréable en bouche et vous accompagnera un après midi gris sans aucun problème. Une note d’espoir, d’amour, de respect en sort, et c’est pour notre plus grand bien 😉

Je remercie Frédérick Maurès de m’avoir permis de connaître son univers.

Bonnes lectures à tous !

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