C’était ça ou mourir
L’image t’a fait sourire (j’espère) ? Alors, attends un peu la suite !

Revenons un petit peu sur cette histoire de concours raté : le Goncourt.
Thélyson Orélien, qu’est-ce que j’en pense ? Accroche-toi, la route est longue !
Tout d’abord, la médiocre lectrice que je suis a bien aimé. J’assume totalement le fait que, sans cette polémique, je n’aurais jamais posé les yeux sur cet ouvrage (et je ne pense pas être la seule). Refusant d’en parler tant que je ne l’avais pas lu, v’là une « bonne » chose de faite.
Le style IA ne m’a pas choquée (oui, j’ai bien compris que je ne savais pas lire, t’énerve pas!), et l’histoire m’a touchée. Même s’il ne s’agit pas d’une autobiographie, le parcours est intéressant et je reste dubitative quant au fait que quelqu’un qui ne l’aurait pas vécu, ni de près ni de loin, puisse aborder ce sujet. Je ne peux pas dire si les mots sont justes, s’ils décrivent parfaitement la situation, mais je peux assurer que je les ai trouvés plutôt expressifs et non « sans âme ».
Du coup, qu’en penser ?
IA, pas IA ? Quels sont les faits reprochés exactement…
Un rythme ternaire ? OK, mais alors que dire de Flaubert, Voltaire et Chateaubriand (bien que ces deux derniers laissent un indice dans leurs propres noms sur l’IA présente).
Des phrases courtes et adverbiales ? Très bien, quid de Camus avec ses phrases courtes, tranchantes, factuelles (oh merde, du ternaire…) qui symbolisent un détachement ?
Figures de styles et métaphores foireuses… hum… On parle de Baudelaire et de ses métaphores parfois plus que particulières pour transformer l’horreur de la réalité en art poétique ?
Et Proust (pas prout) ? Oh le grand Proust… Teh, lis-moi donc ce chef-d’œuvre : « Les minutes passaient, nous allions vite et pourtant les trois clochers étaient toujours au loin devant nous, comme trois oiseaux posés sur la plaine, immobiles et qu’on distingue au soleil. » En plus d’être une métaphore particulière, on a ce fameux « comme » tant décrié de ChatGPT…
Bref, je passe le reste, parce que j’ai bien compris qu’il y aura certainement des choses à redire, mais comme les exemples sont nombreux…
Admettons ! C’est écrit à l’IA, c’est dégueulasse, gnagnagna… Donc, ce délit est dénoncé anonymement sur les réseaux. Sérieux, ça ne fait rougir personne ? Déclaration furtive sur un post sur une plateforme et bim, le couperet tombe ! En même temps que l’anonymat, d’ailleurs, car on apprend très vite que la publication est tout droit sortie d’un essayiste (dénonçant le wokisme, parce que les wokes, c’est pas bien) du Figaro. Je refuse de rentrer dans le débat politique qui entoure aujourd’hui cette affaire, mais je comprends qu’il existe… D’ailleurs, le drame aurait-il été le même si la publication avait eu lieu chez Gallimard ?
Lanceur d’alerte, pourquoi pas, mais pourquoi ne pas faire une note à l’éditeur plutôt que balancer ça publiquement si ce n’est au mieux pour faire le buzz, au pire pour faire tomber une figure montante de la littérature ? Surtout quand ce dernier fait une sorte de mea-culpa crasseux en disant que bon, quand même, la déferlante contre Thélyson, ce n’était pas voulu… Ah bon ? C’est vrai qu’on ne peut pas être discret pour éviter ce genre de débordement. Droite / gauche, peu m’importe, mais pitié, arrêtons de nous prendre pour des cons : bien sûr que le scandale était voulu !
Qu’est-ce que tout cela implique, dans un premier temps ? Tout simplement que les Chroniqueurs, critiques littéraires et même auteurs sont tous des grosses buses, oui oui, tu as bien lu ! Tous ces gros couillons qui n’ont pas su voir que le texte était fake. Deux choses, soit on sous-entend leur manque de discernement accompagné d’un manque de culture et de talent, soit on part du postulat qu’ils n’ont pas lu le livre. Dans les deux cas, ça pue ! En revanche, la drôlitude (oui, j’ai le droit d’inventer un mot, ça montrera à ChatGPT mon humanité !) la plus énorme, c’est que des gens comme Amélie Nothomb, fermement opposée à l’IA dans l’écriture, a trouvé ce livre « prodigieux, un tour de force ».
Après le début de la polémique où tout écrivaillon à l’ego démesuré plantait le décor de « vous êtes nuls ! Si vous n’avez pas vu la supercherie, c’est que vous ne savez pas lire… ». Encore une fois, je ne sais pas lire ! Mais me voilà rassurée, parce que Yannick Haenel non plus (tiens tiens, au fait, l’est pas accusé de plagiat, lui?), trouvant que ce livre « est un événement. Que quand il y a une langue poétique pour dire l’indicible, la mort n’a pas le dernier mot, que c’est de la grande littérature… » Non, mais quel clown ! Et que dire de Trapenard qui parle d’une déflagration ?
Du coup, encensé par les critiques incultes, il fallait bien s’attaquer à autre chose. Là, ça ne loupe pas ! Du plagiat. Attention, je ne le défends pas, les faits sont avérés, les sources sont nombreuses et trouvables facilement… je ne cautionne pas du tout son geste. En revanche, parlons un peu du plagiat dont est accusé Musso, ou encore celui dont est accusé PPDA (mais qui pourra quand même publier son livre avec un ajout de guillemets – on parle de 100 pages sur 400, hein ? Donc je crois que ça pèse dans la balance) qui est d’ailleurs récidiviste… Et le grand Houellebecq ? Bref, j’en passe et des meilleurs. Si, encore une fois, je ne défends pas le geste, loin de là, et encore moins l’intention qui se cache derrière (sale faussaire !), j’aimerais bien savoir pourquoi certains sont épargnés par leur notoriété là où on envoie un homme au pilori pour des affaires qui datent de plus de dix ans !
Alors oui, c’est moche ! Piquer le travail des autres, c’est très moche ! Pourquoi ne pas faire subir la même chose aux autres ? Pourquoi ne pas mettre en avant le fait que, dans certaines maisons, les manuscrits qui n’ont pas été retenus peuvent potentiellement servir de base pour des auteurs à succès en manque d’inspiration ? Enfin… Pourquoi refuser un prix à un auteur sur un fait qui n’est en aucun cas le chef d’accusation ? Le doute, le pseudo doute qui, grâce à cette affaire lancée par un put*** de post X, va s’immiscer à chaque couverture de livre, maintenant. Eh oui, des auteurs qui se servent de l’IA, il y en a… pourquoi choisir ?
Il me semble, peut-être à tort (je ne trouve l’info nulle part), que les autres auteurs en lice au prix Goncourt n’ont pas été passés au crible de la machine, pour qu’on soit sûr que ces derniers ont des textes 100 % humains… D’ailleurs, se servir d’une IA pour démasquer une IA, vous voyez l’ironie, pour ne pas dire l’hypocrisie ? On nourrit la bête chaque jour un peu plus, prenant chaque jour un peu plus le risque que cette dernière puisse s’approprier des mots… et on clame haut et fort que sa congénère, elle, va dénoncer la pratique (comme c’est pratique ! → jeu de mots indigne, même pour ChatGPT). Comble du ridicule ? Le nombre incalculable d’écrivains (si je puis dire) qui mettent en avant sur leur profil une capture d’écran de leur résultat : « tu vois, moi, c’est pas de l’IA, hein ? T’as vu ? J’suis trop fort, c’est 100 % humain, j’suis pas une baltringue ! » Alors non, t’es pas une baltringue, mais tu viens de confier un chapitre entier de ton chef-d’œuvre à une IA, tu sais, celle que tu dénonces, celle contre qui tu te bats !!! Non, mais… dois-je expliquer le problème ?
Admettons… IA, pas IA, honnêtement, je n’en sais rien et, contrairement à toute la bande de juges dégueulasses, bah je l’assume. JE NE SAIS PAS. Donc on part du postulat qu’il s’est aidé de l’IA, le méchant vilain, quid des prête-plume ? Oui, je sais ce que tu vas me dire, que c’est pas pareil, que le prête-plume il est 100 % humain gnagnagna… Là encore, c’est vrai, il est 100 % humain. Mais, arrêtons un peu la fausseté et cette hypocrisie sale, svp. Les éditeurs eux-mêmes prennent des robots pour la correction, pour les couvertures… Donc ça, ça va ? Tant qu’on ne touche pas au sacro-saint travail de l’auteur, on peut ? Ça devient tout de suite plus éthique ? Ne vous trompez pas de cible, je ne défends pas l’IA, elle m’a piqué 90 % de mon job, mais je défends le fait que mon job ne vaut pas moins que le vôtre, chers écrivains élitistes…
Alors, ces prête-plume… devrions-nous parler de James Patterson ? Non, hein ? On va dire que ce n’est pas pareil… mais que dire des accusations de plagiat qui ont découlé de cette pratique ? Oui, oui, il y avait déjà des n*ègres rebelles, à l’époque de nos grands écrivains classiques…
Donc, si on part du postulat que IA il y a.. En plus des auteurs, des lecteurs, des critiques qui ont aimé ce livre… quid de l’équipe éditoriale ? Peut-on me dire ce qu’a foutu Grasset ? Non parce que là, ça m’intéresse !
Attends, j’ai même pas fini, mais je promets de faire vite pour ce dernier point… Si l’IA arrive en librairie, quid des auto-édités qui écrivent eux aussi ? De la merde, certes, mais de la merde bien humaine !
Aux lecteurs qui n’ouvriront jamais ce livre, parce qu’il y a de l’IA (ce qui n’est TOUJOURS PAS PROUVÉ), à ceux qui se foutent qu’il y ait de l’IA, qui ne le liront pas pour autant, mais qui viennent donner leur avis dessus comme s’ils sortaient de la Sorbonne, je dis qu’au pire, c’est une arnaque magistrale, mais qu’il pourra toujours se reconvertir en prompteur / éducateur d’IA sans trop de difficultés…
Aux écrivaillons frustrés qui lui jettent la pierre sans vergogne : CE N’EST TOUJOURS PAS PROUVÉ, je vous conseille d’arrêter la branlette intellectuelle et d’aller prompter ChatGPT, vous aurez enfin une chance de vous faire publier chez Grasset…
Aux autres, à ceux qui veulent tenter l’objectivité, allez le lire !
PS : je peux oui ou non mettre un copyright sur mon illustration ? Parce que je l’ai co-faite avec… Cœurs sur vous !